• Camille Giraudo

Kink Gong Epilogue




Salut les copains,


 non je ne vous ai pas deja oublie! Et j'ai meme pense a vous plusieurs fois depuis mon depart, et depuis mon arrivee en Chine notamment mais entre les coupures generales a Lijiang, les guesthouses sans internet et ...ma vie trepidante, je n'ai pas pu vous ecrire plus tot.


 Voici le petit recit d'une aventure vecue au nord du Yunnan, Dimanche dernier. Je pars avec Laurent Jeanneau, musicologue des minorites du sud-est asiatique, qui enregistre les musiques traditionnelles de populations autochtones et potentiellement menacees par les cultures dominantes, depuis le debut des annees 90. Il vient de travailler pour le Quai Branly avec son label independant "Kink Kong''.





 Je rate la messe de peu, et je saute au dernier moment dans une jeep direction les montagnes du Yunnan. Equipe Kink Kong au complet: l'ami Laurent, sa femme Tanding, le charmant et espiegle Gigi, une driver de jeep sortie tout droit d'un defile de mode hong-kongais, et le micro.


 Le plan de base etait de faire l'aller-retour dans la journee. J'ai vite compris que ce ne serait pas le cas au enieme calage de la jeep dans une enieme epingle a cheveux, au fin fond du fond de la montagne de la minorite des LiSu fleurs, aux environs de 16h30.





 Nous arrivons finalement dans un hameau de montagne completement perdu ( qui ressemble etrangement a celui de mes ancetres occitano-piemontais: serais-je moi aussi issu des xiaoshu minzu- les minorites de ce monde?). Nous sommes recus dignement par le chef du village qui nous montre nos chambres pour ce soir: la notre Laurent et moi ( hommes et femmes dormiront separement) se trouve pres du sechoir a mais, a la verticale de l'elevage porcin. Posters de boysband chinois, couettes fleuries (oui nous sommes chez les LiSu fleurs apres tout), avec cette suave odeur de fumee a meme la taie, inimitable.





 Les musiciens sont des paysans comme tout le monde ici, et il nous aurait de tout facons fallu attendre leur retour des champs a la nuit tombee: pas de regrets donc et un bon retour d'experience pour la prochaine expedition avec Laurent: prevoir brosse a dent et calecon de rechange. Nous montons encore un peu dans la colline et arrivons dans une superbe ferme a cour carree ou s'afferent les cuisinieres, les eplucheurs de mais, les passeurs et leurs mules chargees, les enfants et leurs devoirs. Le repas est servi: les deux pieds sous la table!





 Couenne de porc et petits legumes, tofu macere et son piment, os de poulet et leur chair, delicieux legumes bouillis. Ganbei! Cigarette? Si je devais trouver un theme a la soiree a posteriori ce serait "open alcool - open clopes": on a du trinquer a l'alcool de mais des dizaines de fois et fume une cigarette toutes les 4 minutes trente.


 Le feu est allume dans une piece sans aeration ( bah oui pourquoi faire une cheminee quand on fait du feu a l'interieur?) et les musiciens arrivent, accompagnes des chanteuses en habits fleuris traditionnels: quelle fete soudain, quel naturel, quel enthousiasme a nous faire decouvrir leur repertoire ancestral, nous qui arrivons comme un cheveux sur la soupe. laurent vibre, enregistre, manage: il vit! C'est beau, on vit un moment de musique tres particulier. Dehors, le village entier chantonne assis sur des petits bancs de bois, en epluchant le mais qui est entrepose pour l'hiver dans des greniers en bois, au coeur de la montagne sauvage.





 Les amis, je suis a Lijiang avec Tom et Kewen, on ride le side-car a la recherche de bons plans, on part a Zhongdian au Tibet demain matin. Ca caille, mais j'ai les yeux grands ouverts!



 Bises a tous!! Hate de vous revoir!


 Jiami






16 vues

Dessins, textes et photos Camille Giraudo tous droits réservés.